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Sancte Patrici ora pro nobis

Житие святого Патрика исповедника. (на французском.)


17 MARS
SAINT PATRICE CONFESSEUR
(389?-461)
Sur les côtes de la Grande-Bretagne qui regardent l'Irlande, — dans l'estuaire de la Severn ou de la Clyde, on ne sait, — au bourg de Bannaventaberniae, saint Patrice, — en irlandais Cothrige, — naquit, vers la fin du ive siècle, d'un homme libre, propriétaire d'une terre assez vaste pour lui valoir l'hon-neur, — et la charge pesante, — du titre de déeurion. II s'ap-pelait Calpurnius et avait épousé une parente de saint Martin, venue là sans doute comme esclave achetée par lui et puis élevée à son union. Il était diacre, - cependant et son père, Poti-sus, était prêtre. Patrice, qui nous l'apprend, ne semble pas insinuer même que l'un et l'autre fussent veufs quand ils entrèrent dans les ordres. On était à un temps où le célibat ecclésiastique n'était pas respecté comme une règle absolue. Mais ce caractère sacré, peut-être recherché afin d'échapper aux impôts qui pesaient lourdement sur les décurions, n'était pas un indice de ferveur chrétienne. Car Patrice raconte que sa jeunesse, formée par un tel père, ne fut guère pieuse, bien que ses biographes lui attribuent dès lors de nombreux miracles. Le malheur le tourna vers Dieu.

Un jour des pirates irlandais, — c'était leur habitude, — firent irruption sur la côte ; ils ravagèrent le pays et, en se rembarquant, emmenèrent captifs un grand nombre de jeunés enfants. Parmi eux se trouvaient deux enfants de Calpunuus, Patrice et sa soeur Lupait, On les vendit séparément. Patrice tomba aux mains d'un certain Miliucc, qui l'envoya garder les porcs. II avait seize aas ; sa dure existence le mûrit vite et lui fit chercher sa consolation en Dieu, qui seul pouvait le secou-rir, II se mit à prier avec assiduité. « Alors, raconte-t-il dans sa Confession, l'amour de Dieu entrait toujours davantage en mon cœur ; ma foi, ma crainte s'augmentaient. J'en vins à réciter cent prières dans le jour et autant pendant la nuit ; je me levais encore avant l'aurore malgré la pluie, le froid, la neige, pour prier. Car alors j'étais fervent. » A l'oraison il unissait le jeûne. Et une nuit il entendit une voix : « Tu jeûnes bien , tu retourneras bientôt dans ta patrie. » Et quelque temps après : « Ton navire est prêt. » Alors l'enfant s'enfuit ; il franchit deux cent mille pas à travers des pays inconnus, conduit par Dieu, et il arriva à la mer, où il trouva un bateau de marchands païens.

Ce ne fut pas sans peine qu'il obtint d'être reçu dans ie na vire. On l'embarqua cependant ; il partît. La Providence, qui l'avait choisi pour évangéliser l'Irlande, avait bien préparé son ouvrier : elle lui avait enseigné à prier, lui avait donné la connaissance de la langue, des mœurs, de l'esprit du peuple dont il serait l'apôtre.
Débarqué sur une côte inhabitée, — côte d'Ecosse, côte de France? — il prit son chemin avec les marchands. Et comme ils étaient depuis de longs jours sans vivres, dans un pays désert, sur leur demande il implora Dieu ; et Dieu leur permît de rencontrer un troupeau dont ils se rassasièrent. Cependant il se sépara bientôt de ses compagnons. Il est assez difficile de reconstituer l'histoire de sa vie à cette époque. Les biographes racontent que par deux fois il fut encore réduit en esclavage ; lui-même semble dire que ce malheur, du reste fort court, ne lui arriva qu'une fois. On le montre successivement en Grande-Bretagne, à Rome, à Tours auprès du tombeau de saint Martin, à Auxerre, à Lérins, sans qu'on puisse bien déterminer quelles circonstances le conduisaient et sans qu'il fasse dans ses écrits aucune allusion à ces voyages.

Mais du moins partout une voix intérieure l'appelait à l'évan-gélisation de l'Irlande. Une nuit, il vit un homme venant de ce pays, qui lui présenta une lettre. Il lut les premiers mots : La voix de l'Irlande..., et au même moment il entendit la voix des « bûcherons de la forêt de Foclut » qui disaient : « Nous t'en prions, saint enfant, viens et marche avec nous. » — « Et je fus pris de compassion, ajoute-t-il. Je ne pouvais plus lire et je m'éveillai. »
II avait cruellement souffert en Irlande; il redoutait d'y retourner, et il sentait bien pourtant que telle était la volonté de Dieu. Quatorze ans il résista; mais il se préparait, étudiant la théologie et les saintes Lettres, s'informant, prenant conseil,... puisqu'enfin il faudrait obéir. En 430, le pape Célestiii V avait envoyé vers ces pauvres peuplades Palladius, son diacre, avec quelques compagnons. Palladius débarqua dans le sud, tra-vailla presque sans succès, se découragea, se mit en route pour . revenir à Rome. Mais il mourut en chemin. Alors Patrice se décida. Avec l'assentiment du pape, sacré évêque par saint Germain d'Auxerre, il partit ; mais, dit-il, « non pas ayant d'être presque défaillant. » La force d'âme, le zèle apostolique, la vocation divine l'emportaient enfin. En 432, il débarquait à Wiklow avec neuf autres apôtres.

A cette époque le sol de l'Irlande était partagé entre de nom-breuses tribus ou tuaths, dont chacune avait son roi et était autonome. Mais d'importance et de puissance très variées, ces tuaths, rivaux, étaient souvent en guerre ; les vaincus payaient des impositions ou fournissaient des étages aux vain-queurs. Et ceux-ci eux-mêmes se groupaient sous l'autorité des rois de Leinster, de Munster, de Connaught et d'Ulidia. Enfin le roi Tuathal avait, aux dépens des autres, sur lesquels sa puissance s'était établie, fondé le royaume central et suze-rain de Méath. Du reste tous ces souverains, petits et grands, étaient loin d'avoir sur leurs sujets un pouvoir absolu. Ils étaient soumis aux mêmes lois ou plutôt aux mêmes coutumes que ceux-ci. Ils réglaient, il est vrai, minutieusement les devoirs et les droits de chacune des quatre classes du peuple ; mais ils n'avaient pas le pouvoir législatif. Leur influence cependant était fort grande, et l'établissement du christianisme dans leur royaume dépendait d'eux en grande partie. Surtout de ce fait que, la propriété étant presque toute collective et aucune partie du territoire ne pouvant être cédée à un autre qu'à un homme du tuath sans le consentement du roi, il était impossible à la religion d'acquérir malgré lui les terres indispensables à élever des églises ou des monastères ou à faire vivre les prêtres.

Plus que les rois peut-être, les druides s'opposeraient à l'évangélisation. Non pas qu'ils représentassent un culte bien défini, avec ses dogmes, ses mystères, son sacerdoce, ses céré-monies. Si l'on trouve ça et là des traces d'une adoration rendue à quelques idoles célèbres, cependant il n'y avait pas en Irlande de religion organisée. Et ce serait la plus grande difficulté que rencontrerait Patrice, de faire entrer l'idée de divinité et des devoirs de l'homme envers elle dans des esprits à peu près vides de pensée religieuse et habitués à se passer presque de tout culte et même de prière.
Mais les druides agissaient surtout en tant que savants et magiciens. Sans hiérarchie, ils étaient cependant très honorés comme prophètes, juges, historiens, poètes ; on les craignait pour le pouvoir qu'ils s'attribuaient sur les forces de la nature ; ils étaient les conseillers des rois, dont ils instruisaient les en-fants. La lutte s'engagerait nécessairement entre eux et Patrice, puisqu'il tendrait à les dépouiller de leur prestige, à ruiner leur crédit, à montrer l'inanité ou la malfaisance de leur pouvoir prétendument surnaturel.

Le travail fut donc immense ; mais par la grâce de Dieu, qui voulait faire de l'Irlande la terre des saints, il fut. admirable-ment fécond. Il semble, à la manière dont Patrice y insiste, que l'absolu désintéressement de l'apôtre fut une de ses grandes forces. Il avait réuni des ressources assez abondantes, dues à 3a charité de ses amis, peut-être à celle de l'église d'Auxerre en particulier, mais aussi prises sur ses propres biens, qu'il sacrifia avec une générosité prodigue : il alla jusqu'à vendre sa noblesse. Ainsi put-il dire à la fin de sa carrière, comme jadis saint Paul, qu'il n'avait jamais rien accepté de la libéralité des fidèles. Mais sa piété fut plus persuasive encore : il paraît. aux récits des biographes et aux légendes 1res nombreuses qui se formèrent sur lui, qu'elle agit puissamment sur les cœurs. De fait, avant tout il était homme de prière, comme il l'avait été déjà enfant et captif. Le Bréviaire romain dit qu'il récitait chaque jour, - ou chaque nuit, — le psautier tout entier, un tiers à genoux, un tiers en faisant jusqu'à trois cents génu-flexions, un tiers plongé clans l'eau glacèe, Quoi qu'il en soit, c'est a la prière qu'il recourait toujours, c'est par la prière qu'il remporta ses triomphes. Dieu avait mis encore entre ses mains l'arme puissante du miracle. 11 est vrai que lui-même ne fait mention d'aucun de ces prodiges : mais, quelque part qu'il faille faire à la légende dans les récits on il apparaît trop souvent comme usant de la puissance divine pour la punition ou la vengeance, — signe manifeste de la mentalité de cette époque. — on ne saurait nier que des faits certains aient autorisé les pieuses inventions postérieures. Aussi bien, pour combattre les prestiges des druides, n'était-il pas bon que Dieu intervînt miraculeusement à l'aide de son serviteur?

Mais il convient d'insister surtout sur les vertus héroïques de Patrice : cette humilité profonde et comme naturelle, tant elle est simple et candide, qui lui fait confesser ses fautes, avouer ses luttes intérieures et reporter sur la miséricorde de Dieu tout le succès de ses immenses travaux : cette force de volonté basée sur le détachement absolu de lui-même et l'oubli de tout intérêt autre que celui des âmes ; ce zèle qui, sans se lasser, le transportait du nord au sud de J'ile et ne comptait avec aucun danger ; cet amour de Dieu et des âmes qui appelait de tous ses vœux le martyre et dont la récompense eût été de répandre son sang, comme plus d'une fois il en courut le risque.
Enfin notons, — qualités humaines sans doute, mais dont l'exemple est salutaire, — le profond bon sens et l'intelligence des réalités qui réglaient toujours les projets, les préparations, les travaux du saint : il agissait en tout comme si le succès ne dépendait que de lui ; mais il savait bien qu'il ne devait rat-tendre que de Dieu, et il le voulait ainsi.
Tels sont les grands moyens que l'apôtre de l'Irlande mit en œuvre et qui transformèrent le pays. A la vérité les rois, s'ils lui consentirent la l'acuité de prêcher, — saut', la brutalité native reparaissant, à chercher parfois sa mort, — ne se laissèrent pas amener jusqu'à la conversion. Mais dans les courses conti-nuelles que Patrice lit à travers le pays tout entier, — surtout le Méath, par où il commença ses prédications, le Connaught et l'Ulidia, — il bâtit des églises, établit une hiérarchie, fonda des monastères, instrument essentiel de sanctification, enfin gagna à la loi des néophytes si nombreux, qu'à sa mort le pays était vraiment conquis et que, cent ans pins tard, c'est d'Irlande que partiront les apôtres de l'Ecosse et les réforma-teurs de la vie monastique en France et en Italie.

Patrice avait acquis le droit de se reposer. Probablement, en 457, il se démit de ses fonctions pontificales entre les mains de Benignus, qu'il lit son successeur. Puis il se retira à Saul, en Ulidia. C'est la qu'il mourut en 461. Chose singulière, on n'a point gardé de reliques de son saint corps, La légende a expliqué ce t'ait : un ange avait dit au Saint que, pour déter-miner le lien de sa .sépulture, il faudrait déposer son cercueil sur un char attelé de deux bœufs sauvages auxquels on laisse-rait la liberté. Or les fils d'Oriel et cl'Ulidia étant sur le point de se battre pour la possession de la sainte dépouille, l'attelage providentiel disparut à leurs yeux dans les eaux du fleuve Cabunne. La vérité est plutôt que, à cause de divisions reli-gieuses entre les pays du sud et ceux du nord, entre l'esprit romain et l'esprit breton, c'est seulement après l'an 700 que le culte de saint Patrice se répandit sans entrave et devint, pour ne plus cesser de l'être, véritablement national.

Date: 2007-03-18 10:04 pm (UTC)
From: [identity profile] prommix.livejournal.com
а здесь - на русском, неплохая о нём брошюра.

Date: 2007-03-19 05:27 am (UTC)
From: [identity profile] ierei.livejournal.com
Благодарю.

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